dimanche 11 mars 2012
Sonia Kaliensky, favorite des Dieux...(3 et fin)
samedi 10 mars 2012
Sonia Kaliensky, favorite des Dieux...(2)
vendredi 9 mars 2012
Sonia Kaliensky, favorite des Dieux...(1)
mercredi 18 janvier 2012
1807

Voici quelques ténèbres de l’Histoire enfin décantées. Napoléon est bien mort empoisonné à Sainte Hélène. Mais il faut vous blanchir, Gouverneur Lowe, ainsi que votre souverain George IV. Messieurs les Anglais, comment a-t-on pu vous soupçonner!
Il faut également vous innocenter, Général Montholon. L’argent et les fesses de Dame Albine ont assez embobeliné les Sherlock Holmes de tout poil.
C’est Venise qui a empoisonné le Roi d’Italie.
Si l’Aigle a terrassé le Lion, le Lion eût cependant le dernier mot. Voici en résumé ce que nous conte "1807".
Que l’historien et le scientifique se rassurent: c’est un roman.
Yves Jégo nous convie à la suite de l’Empereur lors de son unique séjour dans la Sérénissime. Du 29 novembre au 8 décembre 1807. Dix jours qui marqueront pour toujours Venise dans sa chair et dans son sang. La Dominante ne connaitra plus jamais pareille transformation.
L’intrigue est un peu faible. Le rythme trop haché.
Reste aux amoureux de Venise la bonne occasion de se repasser les faits principaux qui émaillèrent le séjour impérial et de se remémorer les changements d’ordre militaire, politique, économique, religieux et les modifications de l’espace urbain. L’opportunité en outre de croiser Paganini, la belle et mystérieuse Nahir de Lusignan et Robert Fulton, même si en cette année 1807, ce dernier a bien autre chose en tête.
“Vive le protecteur du peuple! Viva il Re!
Voici donc évaporé un des mystères voilant les dernières heures de Napoléon.
Mais ce corps aux Invalides? Est-ce bien celui de l’Empereur? On raconte que sa dépouille est à Westminster. On prétend que sous le Dôme dans le sarcophage vermeil dort un certain Cipriani.
Cipriani, dites-vous !?! Un ancêtre des Cipriani? Bellini et carpaccio? Le Harry’s Bar, quoi!?!
Venise! Encore et toujours Venise!
vendredi 13 mai 2011
Que s'est-il passé, Constance ?

Le nom de Constance chez Anne-So, le nom de Henry James chez Maïté … Permettez-moi ce petit capriccio …
Si, tard le soir, vous quittez Ai Cugnai ('Pristi, il paraît que les deux soeurs ont remis l'affaire...), quelque soit votre ivresse, dirigez-vous vers la Salute, l’avant-dernier pont, celui de San Gregorio.
Oubliez la bienséance et posez le postérieur sur le garde-fou forgé de fer et d’Istrie, dos à la fondamenta Ca’Bala argentée de Pound.
Deux hommes viendront s’asseoir.
Un homme et une photo: “De longues mèches d’ébène vrillées sur l’ivoire d’une cotonnade ouvragée, le menton et le regard volontaire. Je l’ai connue très jeune, très belle.”
Un homme et le regard perdu vers la coupole de Longhena: “Maurizio et moi, un peu ivres, mesurions la calle. Une enveloppe blanche au deuxième. Un bruit sourd. Nous nous retournons: l’enveloppe blanche au sol, sans un cri. Je l’ai remontée sur sa couche. Cage d’escalier sans fin. Perle rouge au coin des lèvres, dentelle rubis à l’oreille. Ses yeux tristes et solitaires se sont accrochés aux miens. Ils se sont tus au premier cri de l’aurore.”
Que s’est-il passé, Constance?
Un malaise? Comme ils aiment à dire?
Ou pire ?
Le pire ? Une histoire d’argent?
Je n’en crois rien!
Le pire ? Horace Chase, ton dernier enfant?
Toi et tes accouchements tourmentés!
Le pire? Henry, ton seul amour?
Ne me dis pas… Je ne veux pas…
On aurait vu Henry James et ton gondolier, une soirée triste et revêche, tenter d’oublier tes effets dans les eaux noires de Venise.
Comme autant d’Ophélie, une à une , tes sombres toilettes, de lagune gonflées, sont revenues à la surface pour emprisonner sa gondole…
Constance Fenimore Woolson, écrivain, petite-nièce de James Fenimore Cooper, est retrouvée agonisante, deux étages plus bas, à l’arrière de l’appartement qu’elle occupe au palazzo Semitecolo.
Nous sommes le 24 janvier 1894, il est une heure du matin.
Accident?
Suicide?
Que s’est-il passé, Constance?
lundi 7 mars 2011
Namouna, la plantureuse Suissesse ...
Port de Venise, été 1890. Le Namouna, splendide yacht du richissime homme d’affaire James Gordon Bennett Jr, jette l’ancre pour y passer l’été. A son bord, une vache. Une splendide vache venant de Suisse.
Giudecca, été 1890. Frederic Eden, propriétaire depuis six ans d’un immense jardin sur la grande île qui souligne les Zaterre, se plaint régulièrement du lait frelaté qui encombre les étals de la Sérénissime: l’eau et la farine n’ont pas leur place dans un pot à lait!
La vache du Namouna est à vendre. Eden l’achète. Il la rebaptise … Namouna.
Les mamelles de la plantureuse Suissesse s’étiolent bien vite sans la compagnie de ses anciens loups de mer. Rien n’y fait, pas même les appétissants choux et les rames de pois qui relèvent son fourrage..
Quatorze vaches, des italiennes et autrichiennes, traversent bientôt les eaux de la lagune pour rejoindre Namouna. Les unes donnent beaucoup de lait, les autres beaucoup de crème.
Les quinze pensionnaires de Frederic et Caroline Eden ne furent pas les seules à meugler à Venise. Toujours à la Giudecca, derrière le Mulino Stucky, de nombreuses étables hébergèrent près de cent cinquante laitières avant que la guerre et les frères Michele et Salvatore Scalera ne les transforment en studio de cinéma. Mais c’est une autre histoire …
Un jardin à Venise, Frederic Eden
samedi 19 février 2011
Jour de pluie ...

Singularité du calendrier, le 19 février 2000 était également un samedi.
Le Queen Elisabeth II rompt l'ondulation des eaux du Pacifique.
Dans une cabine, se rompt le coeur de Hundertwasser.
L'artiste a 72 ans.
Les vénitiens se souviennent encore de son atelier flottant,
un vieux bateau le 'Regentag' amarré dans les eaux sérénissimes, en '68. Rio della Croce, à la Giudecca, il devint plus tard le propriétaire de l'habitation illustre, bénéficiant d'un large espace vert léché par la lagune, qui appartenait au début 19ème aux Eden.
"...devenir humus moi-même,
enterré nu sans cercueil,
dans ma terre de Aotearoa..."
Friendensreich Hundertwasser repose sous un tulipier dans ses terres de Nouvelle-Zélande.

jeudi 17 février 2011
Cette nuit, évitez les lambris vermoulus du Mocenigo ...
Giordano Bruno grimpe les degrés de l'échelle couchée sur le bûcher dressé sur le campo dei Fiori.
C'est à Venise, sous la haute protection du noble Giovanni Mocenigo, que le philosophe défroqué rédigera son oeuvre. Féru de savoir, le patricien vénitien n'en livrera pas moins perfidement son protégé à la vindicte du Saint-Siège, Lequel, après de nombreuses années d'un nébuleux procès pour hérésie, le condamnera au bûcher.
Depuis 1600, tous les 17 février, le corps supplicié de Bruno déambule sous les lambris vermoulus du palazzo Mocenigo.
mardi 15 février 2011
Aqua alta version 1340 ...

Un vieux pêcheur s'abrite tant bien que mal, recroquevillé dans sa barque qui valdingue saoûle sous le pont de la Paglia.
Un homme s'approche et lui demande de l'emmener sur l'île de San Giorgio. Le ton est si péremptoire que le pêcheur s'exécute.
Sur la rive de San Giorgio monte un deuxième homme.
Là-bas, un troisième homme saute dans le frêle esquif et oblige notre pêcheur à rejoindre la haute mer. Ils croisent alors un bateau chargé de démons...les responsables de cette meurtrière tempête!
Pour remercier le pêcheur, Saint Marc lui confie un anneau à remettre au Doge lors du prochain Grand Conseil.
Stupeur!
Pâris Bordone s'inspira de cette légende.
mercredi 19 janvier 2011
Dans la pénombre de Sant'Elena...
Qu’on ne me dérange sous aucun prétexte!
Lorsque la lourde porte se referme sur lui, Vettore Cappello est pris d’un nouvel accès de fièvre. Dans un coin de l’austère chambre, les dernièrs râles d’un soleil agonisant éveillent son armure de Capitano da Mar flanquée sur un épouvantail de bois. Il soulève lentement la noble cuirasse et y plonge son regard. Les précieuses ciselures qui exaltent l’acier lui renvoient un visage braque et douloureux.
A l’aube du 13 mars 1467, inquiet, l’aide de camp de Vettore ordonne d’enfoncer les portes de la chambre de son maître.
Cappello, revêtu de sa prestigieuse parure militaire, est légèrement incliné sur son prie-dieu, un genou à terre, le corps sans vie.
Un sourire radieux enflamme ses lèvres.
Dans la main gauche l’icône d'Hélène la Sainte…












