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mercredi 4 mai 2011

La Fête à Venise

Retour de Colombie.
Un seul livre m'a accompagné: La Fête à Venise, Philippe Sollers
(Saviez-vous que son vrai nom est Philippe Joyaux ?)


Une première lecture rapide, dans les faubourgs de Bogota, respectant les heures d’étude et de sieste des enfants. Une seconde plus approfondie, sous la moiteur obscure d’un moustiquaire chevrotant sous la lampe-torche, au plus suffocant milieu de la forêt amazonienne. ‘Pristi ! J’en avais presque oublié les chinoiseries d’une lecture sous les draps.
« La défense de la complexité de pensée contre les simplifications abusives, les stéréotypes et les clichés générateurs d’exclusion et d’intolérance. »
Voilà le message de Sollers : récupérer ses sensations, réinvestir ses propres réflexions.
Illustration par la peinture : « La Fête à Venise » Watteau .
L’action se résume en neuf voire onze pages et son quart. Froissart-Sollers est à Venise pour s’occuper du bon déroulement de la livraison d’un tableau clandestin, La fête à Venise de Watteau, tableau magnifique…jamais montré en public, son existence seulement soupçonnée…personne n’en saura rien…oui, un jour peut-être…en 2036.
Dis Sollers, existe-t-elle réellement cette fête qui est de la même époque que les Fêtes vénitiennes ?
Une dizaine de pages, donc.
Le reste ?
Demandez à Luz, cette jeune américaine dont le sexe blond est prétexte à soulager le long monologue que nous débarde ici Sollers et sa pensée en turbulence.
Régulièrement, je me suis assoupi. Pensez un peu. Le tarif du bourreau à la Martinique en 1740, les synonymes du sexe féminin et des verbes pour leur action, les galaxies d’Urbain Le Verrier, et les autres très nombreuses pages que j’ai à présent oubliées. Sans compter celles perdues pour enfin accéder à cette Toilette intime !
Mais régulièrement aussi, un mot, une rencontre soudaine m’ont charmé : les Zaterre, Warhol, le vapo 52, Cavaillès, la Giudecca, Montesquiou, les murs roses de San Michele, Stendhal, les perroquets de Lousse et Flaubert. Watteau, bien sûr. Et finalement le merveilleux hommage de Luigi Grotto Cieco d’Hadria pour Luigi Mocenigo…Savez vous également que Mozart m’a initié à la phrénologie, Holbein le Jeune à l’anamorphisme ? De plus, je vous l’avoue ! Je me suis même épris d’une gitane à la poitrine sulfureuse.
Qui qu’elle soit.
Pepita Tudo ou la treizième duchesse d’Albe .

Merci, Sollers

Vous dites !?!
La mygale, compagne de deux nuits, m’aurait-elle envoutée ?

Que les derniers mots de cette fête vénitienne soient vôtres : « Clin d’œil au sarcophage du jardin… »




Fêtes vénitiennes, Watteau



Toilette intime, Watteau




Jean Cavaillès





La maja nue, Goya




samedi 19 février 2011

Jour de pluie ...



Singularité du calendrier, le 19 février 2000 était également un samedi.

Le Queen Elisabeth II rompt l'ondulation des eaux du Pacifique.
Dans une cabine, se rompt le coeur de Hundertwasser.
L'artiste a 72 ans.

Les vénitiens se souviennent encore de son atelier flottant,
un vieux bateau le 'Regentag' amarré dans les eaux sérénissimes, en '68. Rio della Croce, à la Giudecca, il devint plus tard le propriétaire de l'habitation illustre, bénéficiant d'un large espace vert léché par la lagune, qui appartenait au début 19ème aux Eden.

"...devenir humus moi-même,
enterré nu sans cercueil,
dans ma terre de Aotearoa..."

Friendensreich Hundertwasser repose sous un tulipier dans ses terres de Nouvelle-Zélande.
































mardi 15 février 2011

Aqua alta version 1340 ...


La tempête menace la ville de Venise.
Un vieux pêcheur s'abrite tant bien que mal, recroquevillé dans sa barque qui valdingue saoûle sous le pont de la Paglia.
Un homme s'approche et lui demande de l'emmener sur l'île de San Giorgio. Le ton est si péremptoire que le pêcheur s'exécute.
Sur la rive de San Giorgio monte un deuxième homme.
- A San Nicolo di Lido ! lance ce dernier.
Là-bas, un troisième homme saute dans le frêle esquif et oblige notre pêcheur à rejoindre la haute mer. Ils croisent alors un bateau chargé de démons...les responsables de cette meurtrière tempête!

Les trois passagers qui ne sont autres que Saint Marc, Georges et Nicolas foudroient la barcasse du Diable et la folie des éléments s'éteint aussitôt.
Venise est sauvée.
Pour remercier le pêcheur, Saint Marc lui confie un anneau à remettre au Doge lors du prochain Grand Conseil.

Stupeur!
L'anneau appartenait au trésor de Saint Marc et avait été dérobé mystérieusement.

Pâris Bordone s'inspira de cette légende.


Le 15 février 1340, une terrible tempête est sur le point d'emporter les terres du Lido et de Pelestrina.
C'est un miracle si Venise échappe à l'engloutissement.


dimanche 11 avril 2010

Pas toujours, Charles...



Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée.
Baudelaire, Les fenêtres

Pas toujours, Charles...
28 mars 2010

Pas partout, Charles ...
Giudecca, accademia dei Nobili



Admirez le cadeau que cette fenêtre grande ouverte nous offre.

Grimpez alors au premier, saluez notre hôte, Geoffrey Humphries, et embrassez son univers, la Sérénissime au-delà des fenêtres, la Dominante au-delà du Canal de la Giudecca...
















mercredi 3 février 2010

Oratorio Santo Stefano à Murano...

L'île de Murano mérite bien plus qu'un arrêt éclair sur la route de Torcello.Une série de petits billets pour vous en persuader...Voici un autre.



Allez donc alpaguer, à la fin du service, un des garçons de Busa alle Torre, cette trattoria qui perpétue la mémoire de l'antique taverne de Santo Stefano.
Il vous remettra les clés du petit oratoire éponyme.
C'est tout ce qui reste de l'une des plus grandes églises de l'île du verre.
Au sol, une couronne de laurier incrustée dans le marbre éclaboussé rappelle que le lieu fut consacré le lendemain de la Noël 1848.
Les voûtes et le plafond sortent du pinceau d'Agostino Letterini.
Angelots et chérubins se disputent le ciel.
Des quatre évangélistes, seul Jean a perdu son compagnon.
Son aigle n'est plus que poussière.
Une croix, une ancre: "Sors la Foi et l'Espérance aux tripes, visiteur.



Merci à Jas pour son aquarelle































vendredi 29 janvier 2010

La casa dei Tre Oci, épitaphe minérale...



« Silvietta...reste encore un peu, je t'en prie Silvietta ! »

Le divin peintre lunaire Mario de Maria se réveille agité.
Silvietta, sa fille morte il y a peu, lui est apparue en songe.
Elle lui a brossé un palais vénitien, parodie ducale.

A la Giudecca, à côté du palazzo Minelli qui abritait la Ca'Frollo, il fera élever une habitation selon les indications précises délivrées par sa fille, architecte d'une nuit.
L'harmonie chromatique des losanges rosés de la façade qu'un balcon festonné ajoure au centre de l'étage supérieur, une brocatelle de pierre en guise de couronne, deux longues torsades d'Istrie auréolées de clochetons.

Au premier étage sera son atelier embrasé par trois grandes fenêtres, tre oci qui représenteront ton regard, papa, celui de maman et celui de mon frère.

"Reste encore un peu Silvietta..."







Rouge du soir -crédit photographique (c) RMN
http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&Total=1&FP=6012012&E=2K1KTS6JXTZPO&SID=2K1KTS6JXTZPO&New=T&Pic=1&SubE=2C6NU0IYW4SE






jeudi 21 janvier 2010

Le carnet vénitien de Jean-Antoine...

Certaines et certains d'entre vous l'ont peut-être déjà feuilleté,
mais les anges des lieux se font un plaisir à vous offrir ce musical carnet vénitien !





Pour une plus confortable lecture:

http://www.campiello-venise.com/videos-venise/videos_clips_venise.htm

Petit clic sur "carnets vénitiens, aquarelles..."

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