jeudi 19 janvier 2012
La Récamier de Cannaregio...
vendredi 23 décembre 2011
Tennessee Waltz

Dans le jardin d’une petite maison rose de Lausanne, quand les vents nostalgient la ramure d’un grand cèdre, valsent alors un père et sa fille.
Marie-Jo se tire une balle en plein coeur, le 16 mai 1978. Elle a 25 ans.
Dix jours plus tard, Simenon sème les cendres de sa fille sous le grand cèdre de son jardin.
Dans la nuit du 7 septembre 1989, Teresa Sburelin, la compagne vénitienne, disperse les restes de l’écrivain sous le grand cèdre de la petite maison rose de Lausanne.
"Quant à toi, Marie-jo chérie, tu fais une découverte importante dont tu te souviendras toujours. Chaque après-midi, sur la terrasse du Lido, six ou sept musiciens forment un petit orchestre aux sons duquel les couples dansent sur la piste.
Tu as choisi ton coin, près des musiciens, avec qui tu deviens vite amie et comme complice. Tu as un peu plus de sept ans mais, depuis longtemps déjà tu possèdes dans ta chambre … ton phono et tes disques. Tu les connais bien, car tu les joues beaucoup, et tu as tes préférés. L’un d’eux est Tennessee Waltz, une valse nostalgique du Sud, aux Etats –Unis, que tu as entendue tout enfant et au rythme de laquelle tu te balances.
Tu veux me faire danser, Dad ?
Et voilà que nous valsons tous les deux sur l’air de Tennesssee Waltz, que tu as demandé à tes amis de l’orchestre de jouer… ta jolie robe de coton rayé de blanc et de bleu qui flotte autour de toi.
Tous les soirs, désormais nous avons un rendez-vous presque secret, à la première table près des musiciens qui, dès qu’ils t’aperçoivent, se mettent à jouer ton morceau favori.
Ce sera, ma petite fille, un des meilleurs souvenirs, nos danses dans le soleil tamisé par une tente couleur ocre qui te colore les joues."
vendredi 12 août 2011
La clé de la lagune...
vendredi 8 avril 2011
Les anges au pays de Gabriel Garcia Marquez ...
Ce petit billet discordant pour vous annoncer le départ des Anges de Venise pour Bogota, Cajicà, la Zona Cafetera, Villa de Leyva et le fin fond de la forêt amazonienne avec Leticia.
Trois semaines.
Nous partons rejoindre notre fils Thomas dont l’absence nous pèse. Son master et … l’amour nous séparent depuis quatre longs mois. Un master échafaudé sur la climatologie et l’amour pour une petite colombienne rencontrée à Oxford, primatologue à la renommée grandissante, qui mène un combat délicat, loin de plaire à tout le monde. Angela Maldonado a remporté en 2010 le célèbre Whitley Gold Award (WFN) pour sa lutte concernant l’amélioration de la vie des communautés locales et sa détermination à mettre fin au commerce illégal des singes de nuit de l’Amazonie. Je vous laisse quelques liens…
Fin 2009, nous lui servîmes de coryphées dans une Venise dont elle ignorait tout. Responsabilité énorme, car vous n'êtes pas sans savoir qu'une première impression est souvent la dernière. Un sérénissime dépucelage.
Demain, ce sera elle la nautonière… Notre défloration au pays de Gabriel Garcia Marquez .
A très bientôt ?
http://www.entropika.org/en/index.html
http://picasaweb.google.com/105548002819098368093/WhitleyAwards2010AngelaMaldonado#
mardi 22 mars 2011
Le fleurage de son soutien-gorge ... (réponses)

dimanche 13 mars 2011
Le fleurage de son soutien-gorge ... (Suite et fin)

Deux romans se cachent dans cette suite et fin.
Lesquels?
A dimanche prochain...
Les mouchoirs d’adieux demeuraient suspendus aux lèvres du sifflet, les au revoir flottaient au gré du drapeau rouge. Soudain, en une course lente et désarticulée, un lourd paletot anthracite piqué de gris déboucha tout en bout de quai. Le coureur au visage barré d’une épaisse et sombre moustache tendit au chef de gare son billet. Le drapeau rouge l’envoya séance tenante dans notre direction. Le chapeau boule fermement maintenu sur le haut du crâne, il reprit sa galopade disloquée jusqu’à notre hauteur. Il fit sauter tant bien que mal la clanche de la portière et s’écroula en nage sur la banquette aux côtés de la dame inquiète. Celle-ci se retint pour ne pas pleurer:
- Ta pauvre grand-mère le disait! C’est curieux, il n’y a personne qui puisse être plus insupportable ou plus gentil que ce petit-là!
- Ce Sole Mio qui n’en finissait pas, toussotta-t-il en guise d’excuse.
Nouveau coup de sifflet. En matador sentencieux, le chef de gare fit virevolter théâtralement son improbable muleta. Le train hoqueta à plusieurs reprises avant de réguler sagement son allure.
Je saluai la femme à la chemise aux insidieuses rayures et retournai vers le hall d’entrée. Le fleurage de son soutien-gorge me plongeait dans une inavouable rêverie.
- Pour Côme !?!
Le brutal éclat de voix disloqua mes fantasmes.
- Mes valises en partance pour Côme!?!
Dans le tumulte de la vaste salle, l’employé de service osait péniblement quelque explication embarrassée.
- Je suis sincèrement navré, Sior. Votre malle a été confondue avec d’autres colis. Elle a été envoyée dans une fausse direction.
- Côme! s’irritait toujours le petit Sior tandis que l’employé se précipitait en vain pour retenir la malle. Il affirma qu’il ne partirait pas sans ses affaires et qu’il retournerait à son hôtel les y attendre .
Quand je quittai la gare, le préposé au guichet lui reprenait son billet alors que l’employé de service, revenu bredouille, jurait que rien ne serait négligé pour ramener le bagage dans les plus brefs délais et cela coûte que coûte.
Sur la rive opposée, San Simeone Piccolo pansait ses plaies sous une immense toile publicitaire ventant d’audacieux soutien-gorge aux fleurages transparents.
vendredi 11 mars 2011
Le fleurage de son soutien-gorge ...
M’absentant une belle semaine., là où les connections au Net sont malaisées, je vous soumets un petit jeu. La dernière fois que j’ai accompagné ma belle-mère à Santa Lucia, je suis “entré” dans trois romans. En deux billets, je vous propose de les identifier. Voici le premier: un roman s’y cache ainsi que l’amorce du second. La suite, dans une semaine.
Bon amusement…
- On se revoit à Bruxelles, après demain, Mamie. Et ne vous tracassez pas à Paris. Pierre sera présent pour le changement de gare.
Il restait deux ou trois minutes avant le départ. Je la laissai avec ce petit sourire absurde qu’elle arbore depuis quelques temps. Nous ne voulions pas l’accepter, mais Mamie vieillissait. Dans le compartiment voisin, une dame seule regardait droit devant elle. Elle me semblait déconcertée. L’anxiétude palpable qui par accoups tortillait ses sourcils me la rendait presque sympathique. Plus rien n’inquiétait ma belle-mère, comme si la vie s’en allait lentement. Cette sournoise béatitude nous était chaque jour de plus en plus délicate à affronter. Je croisai dans le couloir un homme qui portait un costume jaune crème. Mise que je pensai difficile à porter si vous n’êtes italien. Debout devant la vitre baissée, il écoutait patiemment les recommandations de son épouse sur le quai entourée de ses deux enfants. En un seul bond, je me trouvai à leurs côtés pour accompagner des yeux Mamie aux premiers soubresauts du train .
- Surtout soigne-toi bien et prends tous tes repas chez Etienne, conseilla la femme d’une voix grave et feutrée.
De belle allure, à la silhouette svelte, elle était vêtue d’un chemisier à rayures sur un simple short. Le fleurage de son soutien-gorge était visible. Collée à son bras, la fille, douze ans tout au plus, portait un maillot de bain d’où tréssautaient d’impatients bras et jambes malingres. Le petit frère, surnommé Bip, slip de bain et chemise à carreaux, léchait une gelato comme il se plaisait à le rabâcher. Tous deux étaient coiffés d’un chapeau de gondolier au ruban bleu pour lui, rouge pour elle.
Un grand gaillard en uniforme remonta le convoi pour fermer les portières. Il lança un strident coup de sifflet. Le chef de gare sortit de son bureau, déroula un drapeau rouge et le brandit aussi haut que possible. Le train allait partir. J’agitai la main vers ma belle-mère qui ne me regardait pas. La femme et ses deux enfants soufflèrent des baisers invisibles vers l'homme toujours à la vitre. La dame inquiète croisa mon regard. Je pus lire distinctement sur ses lèvres tordues: il va venir, il faut bien qu’il vienne!
Le train ne partait pas.
- Un retardataire? questionna le costume clair, le buste en dangereux équilibre sur le rebord de la fenêtre du wagon. Son épouse ota ses lunettes de soleil. Des yeux bleus, très doux, un rien mélancoliques.
- Je ne sais pas. Je ne vois courir personne…
Le temps semblait figé.
A suivre…
jeudi 3 février 2011
Venise, tu n'auras jamais ma mort ...
J’ai des amis qui connaissant mon léger penchant pour la Dominante m’inondent de clips et autres infos où le nom de Venise apparaît. Il en va de même pour vous, assurément. Voici ce que j’ai reçu hier soir. Au début, j’ai ri. Ringard ! Et puis, j’ai découvert l’année de la chanson: 1977...
34 ans !
Le temps de la chanson, je vous invite en 1977.
Quel est le premier souvenir qui vous monte aux yeux ?
Quels rêves aviez-vous en 1977 ?
Que faisiez vous, il a 34 ans ?
Qui étiez-vous en 1977 ?
dimanche 16 janvier 2011
Jean ruisselant d'or liquide ...
Ce lundi 3 janvier, je décide de rejoindre seul Sainte Hélène et Vittore Capello à ses genoux.
Je quitte le Chiodo vers les 16h15 pour me rendre aux fondamente Nuove. Après Santa Caterina, j’aime alors éluder la place dei Gesuiti pour le petit campo surélevé delle Candele. Après, c’est tout droit, calle dei Consorti. A la trouée dei Crociferi, le soleil m’offre un étonnant spectacle : la Vierge des Gesuiti est en flamme, saint Jean ruisselle d’or liquide. Un apôtre aux traits bien féminins…
Baudelaire n’est pas loin …
« Dans les jeux de ce soleil agonisant, certains esprits poétiques trouveront des délices nouvelles ; ils y découvriront des colonnades éblouissantes, des cascades de métal fondu, des paradis de feu, une splendeur triste, la volupté du regret, toutes les magies du rêve, tous les souvenirs de l'opium. Et le coucher du soleil leur apparaîtra en effet comme la merveilleuse allégorie d'une âme chargée de vie, qui descend derrière l'horizon avec une magnifique provision de pensées et de rêves. »
jeudi 2 décembre 2010
She walks in beauty...

Noctambule de Piccadilly, te souviens-tu de cette nuit du 11 juin 1814 ?
Te rappelles-tu les voiles blancs d’une petite chambre de l’Albany qui toute la nuit se lamentèrent à la lueur d’une famélique chandelle ?
Byron vide d’un trait mélancolique son verre de Brandy.
"A votre santé, Anne, ma vertueuse cousine !"
Au petit matin, le ténébreux poète la couche sur … le vélin.
"She walks in beauty…"
Je vous en propose ma propre traduction, bien fade, il est vrai...
Je vous propose ensuite l'écoute du texte original.
Et si le coeur vous en dit,
sachez la Toile regorger des plus diverses interprétations du poème du Pélerin...
samedi 3 avril 2010
Virevolte chapiteau, virevousse dentelle d'Istrie...

Permettez-moi ce capriccio composé pour l'Abécédaire du Campiello...
Le treizième chapiteau du Palazzo Ducale, côté Piazzetta.
Une belle histoire, une fin tragique.
Désarmant.
Fait divers dramatique ?
Vulnérabilité de l'amour entre deux êtres ?
J'opte pour la deux...
La main gauche bande le coeur
Sans répit j'affaiblis ta regarde
Le front couronné de ton pourpre ingénu
Virevolte chapiteau, virevousse dentelle d'Istrie
C'est la ritournelle de la séduction
Petite et frêle Madone encore inannoncée
C'est désarmé et bras croisés que tu m'as ensorcelé
Creusant l'épaule pour la rémission de mon âme
Virevolte chapiteau, virevousse dentelle d'Istrie
C'est la ritournelle de la tendresse
Tu m'as ouvert simple ton lin fleuri
Et l'amour, cet enfant turbulent,
Entre nos chairs insatiables, s'est magnifié
Virevolte chapiteau, virevousse dentelle d'Istrie
C'est la ritournelle de l'amour
Mais ce que Dieu aiguise, Dieu émousse
Elevé sans audace, ennobli sans péril
Notre amour aux rives du Styx à jamais s'est élingué
Virevolte chapiteau, virevousse dentelle d'Istrie
C'est la ritournelle de la désunion



















