samedi 4 février 2012

La tanière déserte du fauve de la Sensa...

Permettez-moi ce petit capriccio pour une amie trop tôt disparue...


Il y a maintenant plus d'un lustre, était tout au bout de la fondamenta della Sensa, sur la façade d'un palazzo qu'aimait à s'approprier une amie trop tôt disparue, le lion de San Marco. Descendu de sa colonne qui, à l'arrière-plan, souligne l'angle des dentelles ducales, il tenait fermement le livre ouvert bravant les flots du bassin Saint Marc.
Hélas! Il n'est plus...

Profitant de Venise et son Street View, une gondole m'a amené sur les lieux.
La tanière du fauve de la Sensa est tristement déserte...












jeudi 26 janvier 2012

Sanctus Georgius Equitum Patronus



Le jour est proche où, à Venise, vous me surprendrez une escabelle à trois degrés tenaillant mon épaule. Tant sommeillent d'inestimables perles, invitations à la rêverie, masquées par la brique saumâtre.

Tel ce Saint Georges.
Un échafaudage éphémère dressé au bout de l'énigmatique Corte Nova de Cannaregio...

Je me demande si, vu d'un angle différent, notre Georges à la cape vermeille et son coursier enharnaché d'or manifestent tout autant de témérité?

Demain, il me faudra donc troubler les deux disciples de Marie la Miséricordieuse. Fondamenta de l'Abbazia, je frapperai au 3568. Aux habitants, je mendierai l'accès au vaste jardin pour saluer le Saint protecteur des lieux. Et même si ce dragon ressemble plus à un oisillon affamé, je louerai alors le guerrier, orphelin de lance, piétiner les ténèbres sans relâche.

Le jour est là où vous me croiserez une escabelle à trois degrés triturant mon épaule...












jeudi 19 janvier 2012

La Récamier de Cannaregio...








L'obscurité profonde envoûte l'impertinent
Les lourdes ténèbres séduisent l'indiscret
La nuit impénétrable charme l'impudent
Venise, novembre 2011








mercredi 18 janvier 2012

1807



Voici quelques ténèbres de l’Histoire enfin décantées. Napoléon est bien mort empoisonné à Sainte Hélène. Mais il faut vous blanchir, Gouverneur Lowe, ainsi que votre souverain George IV. Messieurs les Anglais, comment a-t-on pu vous soupçonner!

Il faut également vous innocenter, Général Montholon. L’argent et les fesses de Dame Albine ont assez embobeliné les Sherlock Holmes de tout poil.

C’est Venise qui a empoisonné le Roi d’Italie.

Si l’Aigle a terrassé le Lion, le Lion eût cependant le dernier mot. Voici en résumé ce que nous conte "1807".

Que l’historien et le scientifique se rassurent: c’est un roman.

Yves Jégo nous convie à la suite de l’Empereur lors de son unique séjour dans la Sérénissime. Du 29 novembre au 8 décembre 1807. Dix jours qui marqueront pour toujours Venise dans sa chair et dans son sang. La Dominante ne connaitra plus jamais pareille transformation.

L’intrigue est un peu faible. Le rythme trop haché.

Reste aux amoureux de Venise la bonne occasion de se repasser les faits principaux qui émaillèrent le séjour impérial et de se remémorer les changements d’ordre militaire, politique, économique, religieux et les modifications de l’espace urbain. L’opportunité en outre de croiser Paganini, la belle et mystérieuse Nahir de Lusignan et Robert Fulton, même si en cette année 1807, ce dernier a bien autre chose en tête.

Vive le protecteur du peuple! Viva il Re!

Voici donc évaporé un des mystères voilant les dernières heures de Napoléon.


Mais ce corps aux Invalides? Est-ce bien celui de l’Empereur? On raconte que sa dépouille est à Westminster. On prétend que sous le Dôme dans le sarcophage vermeil dort un certain Cipriani.

Cipriani, dites-vous !?! Un ancêtre des Cipriani? Bellini et carpaccio? Le Harry’s Bar, quoi!?!

Venise! Encore et toujours Venise!



vendredi 13 janvier 2012

Grazie Chiara ...



Grazie Chiara, pour cette charmante attention.
J'aimerais bien un de ces quatre flâner dans les rues de votre Trieste que je ne méconnais que par Joyce interposé.
Pour finalement réserver une table à la trattoria Risorta, le temps d'une padellata di mazzancole con carciofi.
Longue vie à votre succulent blog.

Merci pour votre attention malgré le peu d'assiduité que je porte aujourd'hui aux anges.
Eloigné de mon blog et des autres, vous comprendrez qu'il m'est impossible de distinguer quelques cinq parmi ma liste de préférés.
Faites votre choix dans la longue bande où défilent les blogs et les sites qui me font rêver.
Vous ne serez pas déçue...

vendredi 23 décembre 2011

Tennessee Waltz

Dans le jardin d’une petite maison rose de Lausanne, quand les vents nostalgient la ramure d’un grand cèdre, valsent alors un père et sa fille.

Marie-Jo se tire une balle en plein coeur, le 16 mai 1978. Elle a 25 ans.

Dix jours plus tard, Simenon sème les cendres de sa fille sous le grand cèdre de son jardin.

Dans la nuit du 7 septembre 1989, Teresa Sburelin, la compagne vénitienne, disperse les restes de l’écrivain sous le grand cèdre de la petite maison rose de Lausanne.

"Quant à toi, Marie-jo chérie, tu fais une découverte importante dont tu te souviendras toujours. Chaque après-midi, sur la terrasse du Lido, six ou sept musiciens forment un petit orchestre aux sons duquel les couples dansent sur la piste.

Tu as choisi ton coin, près des musiciens, avec qui tu deviens vite amie et comme complice. Tu as un peu plus de sept ans mais, depuis longtemps déjà tu possèdes dans ta chambre … ton phono et tes disques. Tu les connais bien, car tu les joue beaucoup, et tu as tes préférés. L’un d’eux est Tennessee Waltz, une valse nostalgique du Sud, aux Etats –Unis, que tu as entendue tout enfant et au rythme de laquelle tu te balances.

Tu veux me faire danser, Dad ?

Et voilà que nous valsons tous les deux sur l’air de Tennesssee Waltz, que tu as demandé à tes amis de l’orchestre de jouer… ta jolie robe de coton rayé de blanc et de bleu qui flotte autour de toi.

Tous les soirs, désormais nous avons un rendez-vous presque secret, à la première table près des musiciens qui, dès qu’ils t’aperçoivent, se mettent à jouer ton morceau favori.

Ce sera, ma petite fille, un des meilleurs souvenirs, nos danses dans le soleil tamisé par une tente couleur ocre qui te colore les joues."

Mémoires intimes, Georges Simenon






Georges Simenon et Teresa Sburelin

mardi 13 décembre 2011







STABAT MATER

Debout, la mère ivre de douleur
Se tenait en larmes, au pied de la croix
Son fils succombant.
Je désire au pied de la croix
Me tenir, debout avec toi,
M'enchaînant à ta désolation.



Mon lapin!
Torse nu, Foulques Nerra...
Mon lapin! Comme tout ceci est étrange!
La bouche petite, la peau douce et claire...
Jamais je n'aurais pensé revoir ce travail!

Une religieuse...
Nemo me impune lacessit...
Le soleil tamisé qui colore tes joues...
Resserre les flancs...plusieurs voyages...
S'il apprenait l'infidélité...il en deviendrait fou...
Condamnés à mort!
But I see more...
Et toutes ces femmes...des morues accomplies...
Deux demi lunes...accouplées...
Tiens, voilà trois baisers...
Ton corps nu sous la soie m'a brûlé plus que jamais...
Dans la chambre à coucher...mort sur le lit...
Décapité sur ordre du pape...
Allez Coco! Sur mon épaule!

Salomé dormait déjà à poings fermés.

Sandre au beurre blanc, carpaccio de boeuf, risotto au barolo,
coda di rospo alla griglia, sgrupina et chinon devraient vous inciter
à rejoindre le prêtre roux et ce malgré Tirésias.

Au revoir, tante Berthe.
Prends bien soin de toi.

Le Rallye 2011-2012 du Campiello a commencé ce dimanche à 22 heures, c'est ici

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